Redresseur de flacons / Remplisseuse / Boucheuse / Etiqueteuse / Etuyeuse / Encaisseuse / Palettiseur automatique

Reportage InfluenceS

Reportage de PGF Partner sur le magazine InfluenceS de l'aerBFC.

Le cadre pourrait faire penser au campus d’une université américaine ou d’une start-up de la Silicon Valley. Bâtiments d’allure sobre et élégante, mêlant la pierre, le métal et le bois, jardin dessiné avec un plan d’eau bordé d’oliviers, et à l’entrée une gracieuse demeure XIXe qui impressionne le visiteur. Loin des contrées outre-Atlantique, la société PGF-Partner / Ineov se situe en pleine Bourgogne à L’Isle-sur-Serein dans l’Yonne, et est dirigée par Aymeric Terre. Un nom de famille de prédilection pour un homme aussi tonique qu’il est d’humeur impatiente, deux caractéristiques qu’il a su transformer en qualités pour faire avancer sa société.

Terre, comme celle où il est né et sur laquelle il a construit son entreprise, idéalement placée entre Paris
et Lyon, avec l’autoroute et la gare TGV de Montbard à côté.
Terre, sur laquelle il tient bien debout pour pouvoir regarder vers l’horizon sans craindre de faillir.
Terre, sa région, la Bourgogne, qui transpire dans la musicalité de sa voix et son tempérament trempé derrière lequel se tapit une empathie empreinte de générosité.

Il suffit pour cela de se balader dans les 4 000 m2 de bâtiments pour s’en rendre compte. Du bureau d’études, où des dessinateurs des quatre coins du monde travaillent, à l’atelier d’usinage, d’électricité, ou encore plus grand, celui du montage des machines, ici tout le monde se tutoie et la musique pop, rap ou électro motive l’ambiance studieuse de ces jeunes, une trentaine d’années en moyenne, à l’attitude décontractée. Sans oublier un petit garçon, son fils, qui court d’un coin à l’autre dans l’entreprise comme sur un terrain de jeu, à la recherche de pièces pour une cabane qu’il construit dehors. Le père, toujours habillé pour le travail, lui aussi va et vient, et ne semble pas prêt pour la retraite passive. De quoi braquer un dirigeant du passé. Et pourtant les résultats sont là.

Depuis que Aymeric a racheté la société PGF en 2001, alors spécialisée dans l’achat-revente, avec l’aide de son père qui travaillait lui-même dans la fabrication de machines, il est progressivement passé de 550 000 euros de chiffre d’affaires à 3 millions aujourd’hui, avec une douzaine de salariés. Terre, et esprit « terre à terre » caractérisent cet homme qui a un projet, veut innover, construire, mais n’en a pas forcément les bagages. Diplômé de force de vente, il prend chaque problème et les résout en trouvant le partenaire qui lui apportera le savoir-faire, la connaissance, le talent qui lui permettra de le résoudre : le bon roboticien, le bon électricien, automaticien, ou le bon mécano.

Il apprendra à dompter les nouveaux outils pour l’usinage, le découpage, jusqu’à l’impression 3D. Son caractère imprime l’entreprise: indépendance, flexibilité, réactivité, et exigence deviennent ses maîtres-mots, sans oublier la convivialité. Car si le confort et le bien-être des 12 salariés priment, quasiment aucun turn-over n’est à déclarer, ce sont surtout les projets qui pérennisent les talents : comme la conceptualisation d’usine entière en full robotique. Remplissage, rebouchage, étiquetage, étuillage, formeuse de carton et mise en palette, tout sera fait à terme sur une seule ligne, et de plus en plus
vite.

Et c’est ça qui excite le jeune chef d’entreprise. « Ce que j’aime, c’est quand quelqu’un m’apporte un
flacon ou un bouchon et me demande ce qui n’a jamais été encore fait, parce que la bécane pour le faire n’existe pas encore ». Alors il grossit.
Accompagné par l’AER Bourgogne-Franche-Comté pour la partie montage financier, PGF a pu bénéficier
notamment du soutien du fonds européen de développement régional (FEDER), lui permettant la construction d’un nouveau bâtiment, de l’autre côté du jardin, dans lequel il y aura un showroom, un bureau de R&D, et un atelier où les machines seront testées en réalité virtuelle 4.0 avec casques VR pour leur validation ergonomique.
En plus de l’agro et récemment des cigarettes électroniques, la société s’est implantée dans la filière du luxe (Chanel, L’Oréal, lampes Berger, entre autres), où les conditions de production et de validation sont exigeantes.

Mais PGF / Ineov a un atout en main : ils sont les premiers à installer les convoyeurs magnétiques
en cosmétologie
. Résultat, plus de frottement dans la circulation et une maniabilité individualisée de chaque unité produite. Une machine livrée récemment à l’Oréal fabrique 200 flacons par minute, avec
télémaintenance (bug, mise à jour, diagnostic), donc une réactivité immédiate en cas de problème, et une diminution des coûts de déplacement
.

Mais ça, c’est de l’acquis, et Aymeric regarde déjà plus loin devant : des machines à 4, 8, bientôt 12 robots, avec une souplesse accrue qui permettra d’atteindre la vitesse de 4 mètres par seconde selon l’étape de production, et une programmation par poste en 20 minutes selon la demande du client, et
à distance. Tout cela avant une autre levée de fonds, à terme, à hauteur de 16 % pour élargir la capacité
à créer en interne. Car de nouveaux projets sont déjà en vue d’une valeur chacun de 2 à 3 millions (contre 400 000 euros en moyenne pour les machines actuelles), et la perspective de sortie en 4 mois pour les petites machines, et 6 pour les grosses (contre 14 à 16 mois aujourd’hui) avec une production qui tendra vers l’export à 90 %.
Une progression qui ne tarit pas ! Mais Aymeric veut garder sous contrôle une taille d’entreprise qui lui permette de continuer à être flexible en termes de prix et d’adaptation.

La concurrence est rude, une dizaine de concurrents aujourd’hui, et si certains, plus gros, regardent pardessus son épaule, Aymeric s’en fiche. « Je m’ennuie assez vite et je ne veux pas reproduire la même machine indéfiniment ». Alors, loin de perdre du temps à essayer de protéger ce qui ne peut l’être, il est déjà ailleurs, sur un autre projet, une autre amélioration, et garde ainsi son coup d’avance dans sa manche. Car travailler pour le luxe demande de s’adapter toujours à des normes bien au-dessus des normes européennes classiques.
Si l’entreprise ne gagne pas beaucoup d’argent avec ces partenaires-là, sa réputation en bénéficie et l’exigence qu’elle met dans ses machines sera bien au-delà de celle attendue par les autres clients
.

Et notamment aussi en termes d’environnement :
des moteurs toujours moins gourmands en énergie, une consommation d’air comprimé contrôlée, des cartons recyclés, tout comme l’inox qui est trié, pas de chimie, un site sur zone protégée, aucun produit nocif, et une sous-traitance locale privilégiée pour un circuit court entre Auxerre, Joigny et Dijon pour la plus grande partie.

Une telle réussite n’étonne finalement pas tant. Aymeric est un passeur d’énergie. Tout comme son fils qui n’aura pas cessé d’aller et venir dans tous les sens, toujours à l’affût d’un conseil technique ou d’un outil. La relève est-elle déjà assurée ? Peut-être, mais lui aura le bagage technique nécessaire pour ne pas perdre de temps, comme Aymeric en a perdu parfois parce qu’il a dû apprendre en faisant. Ce qui ne l’a pas empêché de réussir. Si la formation ne fait pas tout, le caractère et l’ambition étant aussi indispensables, elle reste essentielle.